
24/06/08 -
Daniel Jeandupeux : Matadors en bleus de travail 
Durant le
Championnat d'Europe des Nations qui se déroule en
Suisse et en
Autriche,
Daniel Jeandupeux nous propose tous les jours un billet d'humeur, publié dans le quotidien
"Le Maine Libre" tous les jours dans la rubrique sport.
Chaque jour à partir de 14h00, retrouvez sur
muc72.fr une autre vision de l'
Euro...
Matadors en bleus de travail"Je n’en tire aucune fierté. Je ne me suis pas endormi pendant la rencontre entre l’Espagne et l’Italie. Pourtant j’étais très fatigué à l’entame du match. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, j’ai enfourché une bicyclette de course, que j’avais acheté la veille. Car mon cardiologue et ami Patrick m’a conseillé de faire du sport, d’activer mon palpitant pour qu’il traverse les ans en pleine forme. L’effort raisonnable à une allure de vétéran, 20 kilomètres en une heure, m’a fait rouler sur la jante toute la journée à tel point, - mais vous ne l’avez pas remarqué-, j’ai failli à mon devoir quotidien de français. Soit ma chronique journalière.
Avec courage, concentration et assiduité, j’ai subi le jeu de passe espagnol (25 tirs tout de même) autant que la défense hermétique de la squadra. J’ai résisté jusqu’à la fin du temps réglementaire avant de décider qu’il était plus excitant de me jeter sans les bras de Morphée que de suivre les prolongations.
Ce qui me permet tout de même d’oser quelques considérations techniques et psychologiques. J’ai entendu dire à la radio qu’une malédiction pesait sûr les équipes qui gagnent tous les match de groupes, comme la Croatie, le Portugal ou les Pays-Bas, pour être éliminées ensuite. Mais cela n’a rien avoir avec le mauvais sort. C’est tout simplement la loi des séries. Pour gagner l’Euro, si vous avez vaincu 3 fois en poule, vous devez gagner 6 fois de suite. Ce qui, même en championnat de France, est presque impossible. Il ne faut pas être battu à partir du quatrième match, car la défaite devient éliminatoire. Si vous venez à perdre, il faut le faire dans les 3 premières parties. Comme l’Allemagne, la Turquie et la Russie.
Luis Aragones devait penser à ça quand il a préparé sa stratégie contre l’Italie. A cette chape de plomb qui vous oblige à surjouer quand vous êtes favori. A ces décennies de disette contre les « Azzuri » sans victoire recensée en compétition internationale depuis la dernière guerre mondiale. A ces humiliations répétées du panache flamboyant contré par le froid réalisme transalpin. La faena pour les espagnols, le coup de grâce (descabello) à l’aide l’épée spéciale (verdugo) pour les italiens. Ca finit par rendre prudent. D’autant plus, que si l’on connaît son histoire à fond, les « azures » tremblent au moment des tirs au but. La France et les français le savent. Aujourd’hui les ibériques aussi."
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